Le radon constitue un gaz radioactif naturel invisible et inodore provenant de la désintégration de l'uranium présent dans certains sols. Classé cancérigène pulmonaire depuis 1987, il représente la deuxième cause de cancer du poumon après le tabagisme. Environ 3 000 décès annuels lui sont attribuables en France, soit 10 % des décès par cancer pulmonaire. Les employeurs doivent désormais évaluer ce risque professionnel selon les mêmes modalités que les autres dangers présents sur les lieux de travail.
Tout employeur doit procéder à une évaluation du risque radon dans certains espaces de son immeuble professionnel. Les mesures concernent prioritairement les sous-sols et rez-de-chaussée des bâtiments ainsi que les lieux particuliers comme les cavités souterraines. Les carrières, mines, grottes, caves agricoles et ouvrages enterrés nécessitent également une surveillance attentive de ce gaz.
Le seuil de référence fixé à 300 becquerels par mètre cube déclenche l'obligation d'agir pour l'employeur. Lorsque les mesurages dépassent ce niveau, des actions de réduction du risque doivent être mises en œuvre rapidement. L'objectif consiste à assurer la sécurité et à protéger la santé physique des travailleurs exposés quotidiennement.
La prise en compte de ce risque doit intervenir dès la phase de conception d’une construction neuve. Cette anticipation permet d'éviter que le radon ne devienne problématique une fois les salariés installés dans ces espaces.
Le quatrième plan d'action national contre le radon couvre la période 2020-2026 suite au report de certaines mesures. L'information et la sensibilisation de tous les publics concernés représentent la priorité stratégique de ce dispositif interministériel. Un portail internet dédié centralise désormais les informations essentielles pour accompagner les employeurs dans leurs démarches.
Les évolutions réglementaires récentes entre 2018 et 2024 ont considérablement renforcé les exigences de prévention pour protéger les travailleurs. Ces modifications imposent aux employeurs de réaliser des évaluations systématiques du risque radon dans les zones potentiellement exposées.